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23.11.2008

Léger doute

Les membres de la Société suisse des professeurs de l’enseignement secondaire étaient réunis à Fribourg le 14 novembre dernier. À l’issue de l’assemblée, leur président Hans Peter Dreyer a encore une fois mis l’accent sur l’amélioration de la maitrise de la langue locale.
De quelle langue parlait-il? Certainement pas celle de la conversation. On a pu lire dans ce journal que les filles parlaient trop et que c’était même mauvais pour leur santé ! Certainement pas non plus la langue des nouvelles technologies, vu que les enseignants n’arrivent pas à la cheville de leurs élèves pour communiquer par SMS ou clavarder. Question lecture, ça ne va pas trop mal non plus à voir l’ambiance bibliothèque des wagons matutinaux. Bien sûr, les jeunes ne lisent pas les Confessions de Rousseau mais celles de Britney dans un gratuit.
Restent donc la lecture de textes longs, où l’on ne comprend pas tout du premier coup, et l’écriture de textes complexes, où il faut résumer ce que d’autres ont écrit, donner son avis, rapporter celui d’autres personnes, argumenter… ou décrire un dispositif d’expérience et rapporter des résultats dans le cas de la rédaction technique, par exemple.
On demande aujourd’hui aux étudiants des gymnases des compétences que les générations précédentes ne développaient qu’à l’université : définir une problématique, utiliser une bibliographie, apprendre à citer ses sources correctement…
Pour pouvoir faire progresser les élèves dans la rédaction de ce type d’écrit, il faudrait être un expert. C’est-à-dire un chercheur habitué à les produire ou alors un spécialiste en didactique de textes académiques.
Sauf exception, les enseignants du gymnase ne sont ni l’un ni l’autre. Ils ont appris à écrire de tels textes quand ils étaient à l’université, mais ils ne le font plus régulièrement. Sont-ils dès lors à même d’accompagner efficacement leurs élèves dans cet apprentissage ?

(Chronique parue dans le Matin Dimanche du 23 novembre 2008).

Trackbacks

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Commentaires

Madame Matthey,

J’ai lu avec intérêt votre article paru dans le Matin Dimanche du 23 novembre 2008, et en ai apprécié les jeux de mots. Mais votre texte a suscité en moi non pas un léger mais de gros doutes…

1)Pensez-vous réellement qu’il est du rôle d’un enseignant gymnasial d’être plus rapide que les élèves dans le langage MSN ?

2)En tant qu’enseignante à l’université, souhaitez-vous que nous renoncions aux exigen-ces des Hautes écoles quant à la maîtrise de la langue d’apprentissage (le français en Romandie) ? Avez-vous conscience que c’est le libre accès (i. e. sans examens d’entrée) aux universités qui est en jeu ?

Dans votre article, vous mettez en doute les compétences rédactionnelles des enseignants de gymnase. Plus grave encore, vous vous interrogez sur notre capacité à accompagner nos élè-ves dans la rédaction d’un texte structuré, d’un rapport d’expérience, ou même d’une bibliographie.

Cette remise en cause est méprisante et déconnectée de toute réalité.

Je conteste fermement qu’il faut être (comme vous ?) « spécialiste en didactique de textes académiques » pour corriger les erreurs rédactionnelles des élèves de gymnases. Un simple coup d’œil à leurs travaux de maturité en cours de rédaction vous ferait réaliser les importan-tes lacunes de nos élèves… lacunes abondamment étudiées par le rapport EVAMAR II et re-layées à juste titre par M. Dreyer. Pour cette tâche, soyez assurée que notre Master universitaire et notre formation suivie en HEP suffisent.

Je vous invite donc à descendre de votre tour d’ivoire pour nous accompagner quelques ins-tants dans notre travail au quotidien. Vous constaterez l’ampleur et la qualité du travail que nous effectuons pour accompagner les gymnasiens jusqu’au certificat de maturité. Les exa-mens finaux, auxquels les enseignants universitaires sont invités en tant qu’experts, permet-tent un échange de points de vue et améliorent par là la transition entre le gymnase et les Hau-tes écoles. Cette démarche me semble assurément plus constructive que la rédaction d’articles polémiques.

Dans l’espoir de vous y rencontrer, je vous adresse au nom de la SSPES mes salutations les plus respectueuses.

David Wintgens, vice-Président de la Société Suisse des Professeurs de l’Enseignement Secondaire (SSPES)

Ecrit par : David Wintgens | 29.11.2008

Bonjour,
Et merci pour votre commentaire. Pour tout vous dire, j'ai longuement hésité à envoyer cette chronique parce qu'elle pouvait apparaitre comme réac et antiprof. Mais 1900 caractères, c'est vraiment pas bcp et incompatible avec la nuance. Votre réaction me permet de préciser ma pensée: non, bien sûr, les profs n'ont pas à être plus rapides que leurs élèves sur les claviers. Je voulais seulement souligner que c'est une réelle compétence développée totalement en dehors des structures scolaires et qui prend une grande place dans les échanges aujourd'hui.
Par rapport aux liens gymnase-université: il me semble qu'on assiste aujourd'hui à une double mouvement: d'une part les premiers cycles des unis se scolarisent, elles délivrent d'ailleurs un deuxième bac(helor) alors que les élèves en ont déjà un! D'autre part, les gymnases s'"académifient" en demandant des écrits de type universitaire à leurs élèves, et je pensais surtout aux travaux de bac, qui occupe largement l'élève de 3e année. Ne ferait-on pas mieux dès lors de décréter un gymnase-université de 6 ans et de relativiser la frontière entre ces deux institutions? Les élèves auraient alors 6 ans pour maitriser différents genres textuels, ceux que l'on demande à l'université ou dans les HES. Les profs pourraient aussi se mouvoir entre les deux étages. C'est utopique, vu la structure actuelle de nos écoles, mais cela me semblerait un bon moyen de donner du temps aux élèves pour mettre en place des savoirs rédactionnels complexes et exigeants, tout en ayant l'enseignement supérieur en point de mire.
Ce ne sont pas les compétences rédactionnelles des enseignants de gymnase que je mets en cause, mais le manque de temps pour accompagner les élèves dans cet apprentissage ainsi que le manque de formation pour transmettre de telles compétences. Je pourrais dire la même chose des profs d'université!
Je persiste tout de même à penser que si les écrits des élèves nous choquent aujourd'hui, c'est que nous avons de la peine à mesurer d'une part l'évolution objective de la langue écrite, et que nous focalisons encore trop sur l'orthographe et sur les aspects des "bas niveau" comme disent les cognitivistes (mais c'est pas péjoratif!) d'autre part.
Je serais heureuse de participer à une enquête qui collecte des commentaires/corrections faits par les enseignants sur des écrits d'élèves. Je crois que cela nous donnerait des bases concrètes pour continuer la discusssion.
Enfin, je suis moi-même enseignante et dans une université de masse. les problèmes que je souligne je les rencontre aussi et croyez que ce que vous appelez une tour d'ivoire n'est en fait qu'une cabane sur un arbre (mais à plusieurs étages et très confortable quand même!).

Ecrit par : marinette matthey | 01.12.2008

Merci d'avoir pris la peine de me répondre!
Je vous invite à lire les détails de l'étude EVAMAR II sur les compétences des élèves à quelques jours de leurs examens de maturité. Ont été testés: langue 1 (on ne parle plus de langue "maternelle"), maths et biologie...
Le lien est evamar.ch

Je ne suis pas directeur d'établissement, et donc je n'ai pas le pouvoir d'inviter des profs d'uni à participer en tant qu'expert aux examens de maturité. Mais vous pouvez peut-être faire une "candidature spontanée"? J'enseigne au Lycée Jea-Piaget de Neuchâtel...
D. Wintgens

Ecrit par : David Wintgens | 09.12.2008

Merci pour l'info!
Je vais me plonger dans EVAMAR II, cela me fera des idées de chroniques!

Ecrit par : marinette matthey | 09.12.2008

Je ne suis pas directeur d'établissement, et donc je n'ai pas le pouvoir d'inviter des profs d'uni à participer en tant qu'expert aux examens de maturité. Mais vous pouvez peut-être faire une "candidature spontanée"? J'enseigne au Lycée Jea-Piaget de Neuchâtel...

Ecrit par : treadmil sale | 01.11.2011

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.

Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011

Je ne suis pas directeur d'établissement, et donc je n'ai pas le pouvoir d'inviter des profs d'uni à participer en tant qu'expert aux examens de maturité. Mais vous pouvez peut-être faire une

Ecrit par : شات مصرى | 23.03.2012

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais

Ecrit par : شات مصر | 15.04.2012

continuer la discusssion.
Enfin, je suis moi-même enseignante et dans une université de masse. les problèmes que je souligne je les rencontre aussi et croyez que ce que vous appelez une tour d'ivoire n'est

Ecrit par : شات بنات مصر | 15.04.2012

Je ne suis pas directeur d'établissement, et donc je n'ai pas le pouvoir d'inviter des profs d'uni à participer en tant qu'expert aux examens de maturité. Mais vous pouvez peut-être faire une

Ecrit par : شات بنات ايجى | 04.05.2012

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais

Ecrit par : منتديات بنات ايجى | 04.05.2012

continuer la discusssion.
Enfin, je suis moi-même enseignante et dans une université de masse. les problèmes que je souligne je les rencontre aussi et croyez que ce que vous appelez une tour d'ivoire n'est

Ecrit par : بنات ايجى | 04.05.2012

ontinuer la discusssion.
Enfin, je suis moi-même enseignante et dans une université de masse. les problèmes que je souligne je les rencontre aussi et croyez que ce que vous appelez une tour d'ivoire n'est

Ecrit par : بنات | 04.05.2012

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais

Ecrit par : شات بنات الضفة | 05.05.2012

merci vraiment,il ya un manque d'informations sur ce sujet , vous m'aidez vraiment! avant de partir je veut dir que votre flux rss n'est pas visible pour tous le monde !

Ecrit par : شبكة العاب فلاش 2013 | 05.05.2012

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