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16.12.2008

Yes we can!

La conaissance de l’ortografe est-elle en train de jouer le même rôle que celle du latin il y a encore quelques décenies ? C’est la tèse d’André Chervel, historien de l’éducation en France, qui vient de sortir un petit livre dont le titre comporte trois mots qui lui valent l’intérêt des médias : ortografe, crise et école.
Faute d’avoir pu réformer de manière radicale l’ortografe du français, et faute d’y consacrer un temps sufisant à l’école primaire et secondaire, la conaissance de cette ortografe est de plus en plus parcèlaire à la sortie de l’école obligatoire. Ce constat est étayé par plusieurs études, il est indéniable. On s’acheminerait vers un état où l’ortografe est une pratique d’élite.
Faut-il pour autant, come le préconise André Chervel, augmenter le nombre d’heures consacrées à son étude à l’école obligatoire ? Pas forcément. On peut aussi voir l’aprentissage de l’ortografe come faisant partie d’un savoir-faire professionel ou préprofessionel qui s’acquière dans le post-obligatoire, en lien avec le tipe de textes que les aprentis ou les étudiants doivent rédiger. Prolonger la période d’aprentissage me parait plus sage que la densifier.
Revenir à un enseignement sistématique de l’ortografe ne sufira pas. Aux grands maus les grands remèdes, Chervel pense qu’il faut aussi réformer les règles pour qu’elles soient plus simples à aprendre et à mémoriser. Vous avez ici un échantillon des trois changements majeurs qu’il préconise : supression de toutes les doubles consones inutiles pour la prononciation ainsi que des lettres grecques, généralisation du « s » du pluriel pour tous les noms et tous les adjectifs.
Ces nouvèles façons d’écrire simplifieraient la tâche des élèves et des enseignants. Et elles raprocheraient le français de ses langues voisines : l’italien et le portugais écrivent ortografia, l’espagnol ortografía…
A quand un Matin Dimanche en ortografe nouvèle pour montrer que c’est possible ?

(Cronique parue dans le Matin Dimanche du 21 décembre)

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Commentaires

Trouvé dans l'Educateur 1/2005 (dans un dossier sur l'histoire de la revue), un texte qui prouve que le débat n'est pas tout neuf...

"NEUCHÂTEL
Réforme orthographique. (Nouvèle orthographe) (sic).
Jeudi 27 avril (1899) avait lieu au colège primaire de la Chaux-de-Fonds,
l’assemblée anuèle de la Section neuchâteloise de la Société suisse de
réforme orthographique. (…) «Cète réforme aura un retentissement salutaire
dans presque toutes les branches de l’enseignement primaire. Le temps
consacré jusqu’ici aux chinoiseries de l’orthographe sera mieus employé à
armer les enfants contre les difficultés de la vie, contre les maladies morales et physiques, contre les dangers de tous genres qui les guettent.
La langue èle-même sera mieus étudiée.»
L’Educateur 1899, p. 558/559

Ecrit par : Stefan Lauper | 25.12.2008

Bien vu!
La société suisse de réforme orthographique était très active au tournant du siècle. Contrairement à ce que dit Chervel pour la France (il accuse les instituteurs d'avoir été contre toute réforme), beaucoup d'enseignants du primaire en Suisse y étaient favorables. Mais enhardis par leur succès, les promoteurs de la réforme allaient toujours plus loin en direction d'une orthographe phonétique, et ils ont été désavoués par les tenants d'une réforme modérée (en gros, celle que préconise Chervel et qui est proposée depuis le début du XXe siècle.
Cela fait plus de 100 ans que sporadiquement des voix s'élèvent en faveur d'une réforme... ça finira par passer! Il est quand même inconcevable qu'on parle d'aménagement linguistique pour écrire des langues africaines, par exemple, mais qu'on ne se préoccupe plus de celui du français, comme si le temps s'était arrêté en 1835.

Ecrit par : marinette | 25.12.2008

je ne comprends pas bien les enjeux de ces réformes orthographiques. un texte comprenant moins de fautes d' orthographe sera-t-il meilleur, ou mieux perçu, alors que la syntaxe est toujours aussi aléatoire, les accords (parfois entre un déterminant et un substantif!) inexistants, sans parler des connecteurs (bien que, mais, toutefois) dont on se demande à quoi ils peuvent bien servir, ou encore une ponctuation qui obéit à des logiques assez mystérieuses, etc. Bref,il règne un tel chaos dans les productions des élèves que je me dis qu'une réforme de l'orthographe ne résoudrait qu'un problème parmi d'autres encore plus graves.

Ecrit par : charlot | 04.01.2009

Vous parlez de caos dans les productions d'élèves... Je vous trouve très pessimiste. On arive le plus souvent à retrouver la logique de ce que l'élève a voulu dire, si on y passe assez de temps. Et c'est bien là le problème. On n'a ni forcément le temps, ni l'envie, il faut bien le reconnaitre.
Mais je crois quand même qu'une ortografe plus facile à aprendre faciliterait l'entrée dans la modalité de production écrite. Et le temps économisé pourait être consacré aux aspects textuels, justement ceux qui n'ont jamais vraiment le temps d'être travaillés de manière eficace à l'école, mais qui se dévelopent plus ou moins spontanément chez un certain nombre d'élèves (toujours moins nombreux), mais pas du tout chez d'autres.
Pour apprendre à écrire, il faut écrire des textes, l'orthographe n'est qu'un aspect de la production, le plus superficiel. Mais c'est celui qui nous prend le plus de temps, ce n'est pas logique!
Come vous l'aurez vu, je m'entraine à l'ortografe pronée par M. Chervel. Ce n'est pas facile de suprimer les réflexes, mais je pense que je m'abituerais assez vite!
Cela fait 500 ans (depuis l'invention de l'imprimerie) que des voix s'élèvent pour faciliter l'entrée dans l'écrit du plus grand nombre en simplifiant l'ortografe. Cela fait 500 ans que ces voix s'oposent à d'autres qui argumentent pour le statu quo. L'ortografe a beaucoup évolué entre 1500 et 1830, environ. Puis cette évolution à cessé pendant les XIX et XXe siècles. On est peut-être murs pour une nouvèle réforme d'envergure?

Ecrit par : marinette | 04.01.2009

c'est le genre du blog qui veut qu'on caricature parfois nos positions. j'aurais dû écrire: "il règne un tel chaos dans certaines productions..." d'après ma propre expérience (je ne tiens pas de statistiques!) j'estime à 20% ces cas-là, et je parle d'un contexte où les élèves sont faiblement scolarisés, ce qui n'est pas si mal. ce qui me frappe, c'est comment on peut aboutir après neuf années de scolarité obligatoire à des résultats aussi faibles pour ces 20%...
je vous remercie pour votre réponse. votre dernière chronique était hilarante et pertinente, comme d'habitude! bravo!

Ecrit par : charlot | 04.01.2009

Merci pour cette ortografe nouvelle et pour ce vrai débat de fond,
notre langue écrite doit absolument évoluer, et je ferai une différence entre l'ortografe d'usage et l'ortografe gramaticale. La première est, il me semble facilement simplifiable (quoique j'aurai de la peine à éliminer des anées de réflexes), et l'aprentissage de l'ortografe gramaticale, qui est la réalité des finesses de notre langue, en serait pleinement libérée. Quelques simplifications pouraient y être aportées également, des s à tous les pluriels?
Personellement j'irai plus loin pour l'usage, les sons o, ou encore è (excepté dans les conjugaisons), les accents inutiles....
Il est plus dificile de changer que de ne rien faire, mais combien de gens décomplexés...

Ecrit par : Noiger | 02.02.2009

Merci pour ce débat de fond,
quid de faire une différence entre l'orthographe d'usage et l'orthographe grammaticale?
La première est aisément simplifiable - à nous anciens de nous y faire - et la seconde répond aux besoins des finesses de notre langue. Certaines craintes pourraient être réduites... pas de sentiment de nivellement par le bas!
J'irai pourtant plus loin que la proposition: uniquement des s au pluriel, tous les sons o écrits o, tous les sons è écrits è (excepté dans les formes conjuguées), plus d'accents inutiles, nous avons une lettre z, etc.
Si on y parvenait, combien de complexes en moins... et toute l'énergie sur le sens et les finesses.
Y a-t-il une association sur ce sujet en Suisse, ou en France?
Continuez, c'est un plaisir

Ecrit par : Noiger | 02.02.2009

Merci de votre commentaire progressiste!
Il existe des associations qui militent pour les rectifications orthographiques de 1990. Vous trouverez leur site en "gouglant" ANO Association pour la nouvelle orthographe". Vous pouvez aussi aller lire les rapports des enquêtes menées par la Délégation à la langue française de suisse romande sur le devenir de ces rectifications en Suisse (www.ciip.ch/dlf).
Je fais partie d'un réseau international de sociolinguistique qui planche actuellement sur un questionnaire qui sera administré dans plusieurs pays francophones du nord et du sud, auprès d'enseignants et de futurs enseignants. Le but est de mieux cerner les attentes et les besoins (mais aussi les blocages...) quant à une réforme de l'orthographe plus conséquente que celle de 1990. Orthographe d'usage et grammaticale.
Je donnerai régulièrement des nouvelles de la progression de cette enquête dans ma chronique!

Ecrit par : marinette | 02.02.2009

good article and website

Ecrit par : Cheap Sunglasses | 13.07.2011

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.

Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011

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