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24.01.2009
A stéréotype, stéréotype et demi
On le sait, 90% du volume d’un iceberg est situé sous la surface de l’eau. On peut dire la même chose d’un stéréotype dans le discours : il est bien davantage dans le non-dit, dans l’implicite, que dans les phrases qui le contiennent. Il suffit de très peu de mots pour imaginer le gros stéréotype qui flotte dessous !
Certes, je dormais encore d’une oreille ce samedi matin 17 janvier à 7h, en écoutant la radio romande. Donc je ne garantis pas une fidélité absolue dans les propos que je vais rapporter ici, mais quand même.
C’est un prof de l’EPFL qui fait part d’une action « spécial filles » pour encourager ces dernières à s’engager dans des métiers encore considérés comme typiquement masculins. Il dit qu’il faut lutter contre les stéréotypes, et que les études au Poly c’est aussi pour les femmes. Ingénieure mécanicienne, par exemple. Certains imaginent encore qu’être ingénieur en mécanique, c’est mettre les mains dans l’huile et la graisse. Pas du tout ! explique le professeur : aujourd’hui tout passe par la conception informatique. Et justement, ce qu’il y a de bien avec l’informatique, c’est qu’on peut faire du télétravail à la maison.
Il n’en a pas dit plus, mais avec mes neurones linguistico-féministes prompts à débusquer les stéréotypes sexistes dans les mots les plus anodins, qu’ai-je entendu ? Premièrement, que les filles avec leurs jolies mains manucurées n’aiment pas se salir. Deuxièmement, que les filles seront un jour des mères, il faudra donc qu’elles s’occupent de leurs enfants et du ménage, donc qu’elles restent à la maison. Ingénieure en mécanique est justement un de ces métiers qu’on peut faire chez soi, en ayant même pas besoin de se laver les mains avant de quitter son écran de travail pour aller faire le repas ou changer la couche du petit dernier. Un métier pour femmes, donc.
Les stéréotypes sexistes sont à l’œuvre même chez ceux qui les dénoncent. C’est vrai qu’ils sont aussi traitres que les icebergs !
(Chronique parue dans le Matin Dimanche du 25 janvier 2009)
10:57 Publié dans Analyse de discours | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





Trackbacks
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Commentaires
je préfère vos opinions sur le langage plutôt que sur le sexisme. Quoique le sexisme dans le langage...Je suis régulièrement votre chronique dans Le Matin, ayant moi-même suivi une formation en linguistique à l'UNIL.
Ecrit par : Daniel | 25.01.2009
A propos de sexisme dans le langage...
Allez faire un tour sur le site de l'EPFL pour voir la description qu'ils font des différents métiers qu'on peut apprendre chez eux: tout est au masculin! (l'ingénieur mécanicien, il, il, il... Il est créatif, dirige à la fois des projets et des hommes...). Ce n'est pas le fait de rédiger ces fiches de manière épicène qui va faire bondir le pourcentage d'étudiantes àl'EPFL, mais ce serait déjà un début...
Merci pour votre commentaire!
Ecrit par : marinette | 26.01.2009
C’est vraiment tres bien lire pour moi. Doit accepter que vous etes l’un des plus cool que j’aie jamais vu blogueur. Merci de poster cette information utile. C’est justement ce que je le cherche. Je reviendrai sur ce blog pour vous !
Je bookmarked ce blog il ya quelque temps en raison du contenu utile et je ne suis jamais etre decu. Continuez votre bon travail.
Ecrit par : BTscene | 19.10.2011
Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.
Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011
des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un
Ecrit par : شات مصرى | 23.03.2012
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