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06.03.2009
Une petite différence pleine de sens
C’est un mail envoyé aux participants d’un séminaire intitulé « Penser les marchés scolaires », organisé à l’Université de Genève. On y parlera de l’« interdépendance compétitive entre établissements », des marchés scolaires de la qualité, et bien sûr de la concurrence.
Il y aura des conférenciers américains, grands spécialistes du domaine, il va donc falloir « gérer » la diversité linguistique.
D’où ce mail en deux parties, l’une en français, l’autre en anglais. On dit aux participants francophones : « près de la moitié des participants seront anglophones. Afin que chacun puisse suivre les présentations, il serait souhaitable que votre support PowerPoint soit en anglais ». Et on dit la même chose aux anglophones, enfin, presque. Je vous laisse découvrir la petite différence: « Half of the participants will be French speaking. To make sure that everybody in the audience can understand your presentation, it would be appreciated if you could use PowerPoint ».
Les francophones sont donc priés d’utiliser deux langues pour leur présentation. Et c’est très bien, c’est une façon d’aider les anglophones à comprendre ce qui est dit en français en passant par l’anglais écrit.
Mais la consigne réciproque n’est pas adressée aux anglophones : pour aider les locaux parlant français à comprendre la présentation orale en anglais, on leur demande aussi de faire un support écrit, mais sans changer de langue.
Résultat: les francophones travailleront davantage pour faire leur exposé bilingue que les anglophones, à qui on ne demande pas de faire des diapositives en français.
En n’adressant pas la demande symétrique aux participants anglophones, on crée une inégalité entre les participants, tout en confortant les anglophones dans leur droit au monolinguisme. De ce fait, on accepte que la langue « par défaut » de l’université soit de plus en plus l’anglais.
Est-ce vraiment inéluctable ?
(Chronique du Matin Dimanche, 8 mars 2009)
Dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie, un colloque public sur le statut du français à l’université aura lieu à Genève, les 17 et 18 mars (mardi après-midi, mercredi). Renseignements : www.ciip.ch/dlf
08:52 Publié dans multilinguisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





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Commentaires
Cela semble un programme éducatif et interactif pour les étudiants et j'espère qu'ils vont venir nous dire leur opinion sur ce séminaire.
Ecrit par : asigurari de sanatate | 02.09.2011
Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.
Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011
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