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09.05.2009

Le vélo plutôt que le train à vapeur

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le nom « rétropédalage » et le verbe « rétropédaler » font une percée remarquable dans les médias. Les gouvernants rétropédalent (ou ne le font pas quand on aimerait bien qu’ils le fassent) et j’ai même trouvé sur la Toile « les immatriculations [de voiture] ont rétropédalé » !
Dans le Robert 2007 on trouve bien rétropédalage, mais uniquement avec le sens technique d’« action de pédaler à l’envers ». Pas de verbe rétropédaler, en revanche.
Le développement du sens figuré est donc récent et commence à concurrencer l’expression équivalente « faire machine arrière », encore bien vivante: « La FIA serait prête à faire machine arrière » (normal, me direz-vous, pour la Fédération Internationale de l’Automobile) ; « Sarkozy fait machine arrière », etc.
« Faire machine arrière » est aussi le sens figuré d’un verbe qui désigne à l’origine l’action de faire aller les machines d’un bateau ou d’un train à vapeur en sens inverse. Le sens figuré se diffuse dès le début du XXe siècle.
Comment expliquer le succès de la concurrence ? Pourquoi rétropédalage semble l’emporter sur machine arrière ? Deux raisons peuvent être invoquées.
Premièrement, la signification de « machine arrière » est de plus en plus obscure. Elle semble évoquer les trains à vapeur magnifiés par Zola dans La Bête humaine, mais ces engins ne font plus partie de notre environnement quotidien et ne peuvent donc plus motiver le sens figuré. Les vélos par contre sont toujours plus nombreux en ville.
Deuxièmement, « Obama backpedals » apparait plus de 2000 fois sur la Toile, alors que « Sarkozy rétropédale » n’y est pas encore attesté… Eh oui, encore un coup des Américains pesteront les puristes. Faire machine arrière est la traduction de to backpedal, mais il est très tentant de simplement calquer rétropédaler sur cette forme anglaise, qui contient d’ailleurs un emprunt au français (pedal) !

(Chronique parue dans le Matin Dimanche, 10 mais 2009).

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Commentaires

oh, juste: (oÙ ne le font pas....), vous êtes sûre?
une si féroce pourfendeuse de tout accent inutile?

Ecrit par : jw | 13.05.2009

Oups... Merci de me signaler cette erreur.
Mais je ne pourfends que les circonflexes, je n'ai rien contre les autres, surtout pas le grave, et j'écris tu interpèles, ficèles, décèles, détèles, décachètes, digèreras, dissèqueras, etc.
C'est vous dire!

Ecrit par : Marinette Matthey | 14.05.2009

Je trouve ça très intéressant que les deux langages s'empruntent des mots successivement. Cela montre qu'il y a forcément des échanges entre les communautés humaines même si certains voudraient les limiter.

Ecrit par : assurance conducteur | 28.10.2011

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.

Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011

merci vraiment,il ya un manque d'informations sur ce sujet , vous m'aidez vraiment! avant de partir je veut dir que votre flux rss n'est pas visible pour tous le monde !

Ecrit par : شبكة العاب فلاش 2013 | 05.05.2012

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