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21.06.2009
Les mots nouveaux sont arrivés
La promo bat son plein : Larousse et Robert sortent leur édition 2010. L’occasion pour un journal gratuit de poser cette question sur son site : Quels mots feriez-vous entrer dans le dictionnaire ? Les réponses des Internautes nous ouvrent une petite fenêtre sur la conscience linguistique des francophones contemporains. En voici quelques-unes.
Plusieurs verbes renvoient à la communication médiée par ordinateur. Ils sont tous du premier groupe. Interneter : action de se connecter à l'Internet et d'utiliser l'outil pour un travail ; loler : se marrer, formé sur l’abréviation LOL utilisé par les chateurs et les forumeurs pour « Laughing out loud » (souvent traduit en français par « mdr », mort de rire). À ne pas confondre avec le verbe loler (sucer, suçoter) du français régional, qui nous a donné la lolette ! (quand le bébé lole, c’est qu’il ne tète plus vraiment…).
Autre proposition intéressante, le verbe disturber : déranger. On peut bien sûr vitupérer l’anglicisme (to disturb), mais disturbare «déranger, troubler» existe en italien, et le verbe est attesté dans le français du XIIe siècle, comme en témoigne ce vers des Lais de Marie de France « Que jeo ne seie desturbez » (que je ne sois pas troublé). Le verbe est donc transmis directement par le latin à l’ancien français, il passe à l’anglais au Moyen-âge, pendant la période anglo-normande. Aujourd’hui, il revient au français, qui entre-temps a changé de préfixe (per-turber a supplanté dis-turber). Gageons que la proposition du parleur du XXIe siècle n’aurait pas disturbé la poétesse du Moyen-âge.
La vie politique française enfin stimule la créativité lexicale : le diminutif Sarko fait un très bon préfixe et les internautes s’en donnent à cœur joie: sarkoland, sarkozisme, sarkophobie, sarkotour, sarkomania… Et Ségolène Royal avait osé la bravitude, on lui renvoie l’ascenseur avec l’excusitude !
(Chronique parue dans le Matin Dimanche, 21 juin 2009)
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Commentaires
"disturber"? J'ignore qui peut bien utiliser ce vocable, qui me fait penser à des plaisirs... hum-hum! Mais peut-être ferais-je bien de sortir de chez moi!
Question nouveautés oubliées des dictionnaires usuels, j'aime bien "chouille" (fête, étymologie non contrôlée, sans doute un effet de mode - mais je suis sûr que "surboum", totalement ringard mais historiquement bien installé grâce aux auteurs, est encore dans nos braves dicos!), "plussoyer" (fréquent sur les forums, pour dire qu'on approuve ce que l'autre vient de dire - idée de "plus une voix"), etc.
Et, pour conclure sur le même ton que votre billet, à quand la "suissitude"?
A noter, enfin, qu'un ami relève scrupuleusement les entrées et sorties des dictionnaires dans le cadre de sa thèse de doctorat, et en fait profiter le web:
http://guterrien.free.fr/page-de-camille-martinez-club-orthographe-INPG.html
Ecrit par : Daniel Fattore | 24.06.2009
Si vous lisez mon livre (Au plaisir de dire, sorti en mars aux Editions de l'Aire, diffusé en France...), vous trouverez à la page 125 une chronique sur les mots en -itude pondue en avril 2007.
Pour surboum, vous avez raison: dans mon Robert de 2007, il y figure encore (avec la mention "familier et vieilli", toutefois! On peut se demander si l'espérance de vie des mots dans le dictionnaire n'est pas inversement proportionnelle à celle des humains sur la terre!).
Merci pour le lien.
Ecrit par : Marinette Matthey | 24.06.2009
Bonjour,
La page proposée ci-dessus par Daniel Fattore a déménagé ici :
http://www.orthogrenoble.net/page-de-camille-club-orthographe-grenoble.html
Ecrit par : Guillaume | 23.09.2009
Je pense qu'ils devraient introduire dans le Larousse édition devrait être introduit tous ces thermes médicaux qui sont utiles pour certaines personnes.
Ecrit par : cazare Bucuresti ieftina | 02.09.2011
Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.
Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011
Si vous lisez mon livre (Au plaisir de dire, sorti en mars aux Editions de l'Aire, diffusé en France...), vous trouverez à la page 125 une chronique sur les mots en -itude pondue en avril 2007.
Pour surboum, vous avez raison: dans mon Robert de 2007, il y figure encore (avec la mention "familier et vieilli", toutefois! On peut se demander si l'espérance de vie des mots dans le dictionnaire n'est pas inversement proportionnelle à celle des humains sur la terre!).
Merci pour le lien.
Ecrit par : Sohbet Chat | 02.03.2012
merci vraiment,il ya un manque d'informations sur ce sujet , vous m'aidez vraiment! avant de partir je veut dir que votre flux rss n'est pas visible pour tous le monde !
Ecrit par : شبكة العاب فلاش 2013 | 05.05.2012
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