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13.09.2009
Marché en expansion
Pour célébrer le premier anniversaire de la Crise 2008, je me fais un plaisir de parcourir pour vous un siècle d’activité définitoire des lexicographes de Larousse autour du mot « marché ».
Qu’est-ce que le dictionnaire nous raconte en 1907 ? Le sens premier est celui de « lieu public où l’on vend certaines marchandises ». Et aussi « ville où se fait le principal commerce de certains objets : Leipzig est un grand marché pour les fourrures ». La définition économique est déjà là, bien sûr: « état de l’offre et de la demande » ; suivent les définitions de marché au comptant et de marché à terme, puis les acceptions figurées. 21 lignes en tout.
1957. La définition ne varie guère, mais on change d’exemple pour la ville du commerce (Lyon est un grand marché pour les soieries). Bourse s’écrit désormais avec une majuscule, et marché noir fait son apparition. La longueur de l’article est à peu près la même qu’en 1907.
Dans la dernière édition du Petit Larousse (2010), c’est l’explosion. Les caractères sont moins gras, plus resserrés et l’article compte cinq fois plus de lignes. Le sens premier est toujours le même, formulé dans les mêmes termes que 50 ans auparavant : « Lieu public, en plein air ou couvert, où l’on vend et où l’on achète des marchandises ». La ville du commerce a encore changé, mais on reste dans les matières prestigieuses: Anvers est l’un des principaux marchés mondiaux de pierres précieuses. La partie économique qui faisait 4 lignes il y a 100 ans en fait maintenant 75. Impossible de recenser toutes les expressions contenant le mot « marché », il y en a des dizaines, et même sous formes de sigles (matif, monep). Curieusement, marché noir a disparu, il faut aller chercher cette expression à l’entrée « noir ». Mais marché gris a fait son apparition : « lieu fictif de cotation et d’échange anticipé d’une valeur… ». Toujours la Bourse, l’économie, la finance. Joyeux anniversaire!
(Chronique parue dans le Matin Dimanche,13 septembre 2009)





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Commentaires
J'ai déjà dû vous parler des travaux du jeune linguiste grenoblois Camille Martinez autour des évolutions des dictionnaires usuels... peut-être le connaissez-vous?
Ecrit par : Daniel Fattore | 14.09.2009
Oui, de nom, il m'a invité à sa soutenance de thèse, mais je n'ai pas pu y aller.
Ecrit par : marinette matthey | 14.09.2009
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Ecrit par : porno | 18.09.2011
Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.
Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011
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