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31.01.2010

Tu veux être mon amiot?

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.

Au temps des réseaux sociaux, la charge affective contenue dans « ami » s’affaiblit encore. Comme le temps passé à entretenir l’amitié n’a pas augmenté proportionnellement au nombre d’amis sur le Net, les liens avec ces derniers sont plus faibles. Un ami sur Facebook peut être un véritable ami, mais aussi une simple connaissance, voire un contact potentiellement utile.

Dans le souci de contribuer à la précision du vocabulaire de notre belle jeunesse, tout en oeuvrant à la valorisation de notre patrimoine linguistique, je propose qu’on redonne des couleurs aux dérivés d’« ami » malheureusement tombés dans les poubelles de l’histoire du français. Amiet (XIIIe), amiette (utilisé jusqu’au XVIIe) et amiot (XVIe) gagneraient à être astucieusement recyclés : « j’ai 15000 amiots sur Twitter — ah oui ? Ah ben moi chuis sur Facebook et j’ai surtout des amiettes ». Et on pourrait à nouveau s’amiier, comme au Moyen Âge, avant de se désamier, bien sûr. Ce dernier verbe est un néologisme. Un calque de unfriend, distingué comme mot de l’année 2009 par le New Oxford American Dictionary. Mais c’est aussi un dérivé de désami, comme on disait encore à la Renaissance !

 

(Chronique parue dans le Matin Dimanche, dimanche 31 janvier 2010)

Trackbacks

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Commentaires

comment maîtriser les règles d'ortographe
savoir relire et corriger ses documents
comment appliquer les règles de présentation
Maîtriser les formules de politesse
développer son potentiel de compétences

Ecrit par : diane | 31.03.2010

Il est vrai que les réseaux sociaux demandent un véritable nouveau champ lexical autour de l'amitié.

Ecrit par : tarif assurance voiture | 21.06.2011

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Ecrit par : Cheap Sunglasses | 13.07.2011

En tant qu'employé d'une SICAV j'ai du créer un compte facebook pour faire la promotion du fonds et je dois dire qu'il est vrai que ces nouvelles interactions demandent aussi de nouveaux mots.

Ecrit par : sicav monétaire | 31.07.2011

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Ecrit par : porno | 18.09.2011

En effet, les réseaux sociaux et internet demandent des nouveaux mots. Je pense que connaitre l'anglais est une bonne chose mais il ne faut pas non plus l'utiliser à outrance lorsqu'on parle français. Si nous avons des mots déjà disponibles utilisons les.

Ecrit par : capacité d'emprunt | 28.10.2011

En tant qu'anglais je trouve qu'on peut utiliser des mots comme social network pour désigner les nouveaux phénomènes Internet. Cela ne me choque pas le moins du monde. Mais c'est vrai que si on en venait à utiliser des mots comme tumble dryers se serait plus problématique.

Ecrit par : cheap tumble dryers | 28.10.2011

Clairement il faut des mots français pour les nouvelles technologies. Je pense que cela peut aussi avoir un effet psychologique. Peut être qu'on verra moins l'innovation comme venant de l'étranger.

Ecrit par : office floor mats | 28.10.2011

En effet, il faut beaucoup d'inventivité pour éviter un délitement de la langue française face aux nouvelles technologies. Je pense qu'on peut le faire avec beaucoup de volonté.

Ecrit par : chaise longue jardin | 28.10.2011

Au menu du Grand 8 de la radio romande ce vendredi, une discussion sur l’avenir de la sociabilité médiatisée par les réseaux tissés sur la Toile. Comment « gérer ses amis » quand on en a tellement ? Cette abondance pose un problème de gestion des stocks, mais également de sens du mot « ami ». Pour moi, qui suis née au milieu du siècle passé, « ami » s’oppose à « copain » sur le plan de l’intensité de la relation. Un ami est plus qu’un copain. Sans parler de l’expression désuète de « bon ami » ou « bonne amie » qui désigne encore plaisamment, en Suisse, l’amoureux ou l’amoureuse. Mais pour les dictionnaires actuels, les deux mots ne se distinguent plus que sur le plan des registres : « copain » est familier.

Ecrit par : شات مصرى | 02.11.2011

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Ecrit par : srpska imena za bebe | 29.12.2011

J'apprends la différence entre ami et copain des amis ne s'en tenir plus près que votre copain

Ecrit par : andrea silver | 10.01.2012

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