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21.03.2010

Remuez votre langue!

Du 20 au 28 mars, les quatre pays de la francophonie du nord (Belgique, France, Québec, Suisse) proposent une semaine de la langue française et de la Francophonie, courageusement rebaptisée en Suisse SLFF, non pas en hommage à la profession d’orthophoniste mais parce que c’est plus court. Cela fait 15 ans que la Suisse participe à cet évènement, sous l’impulsion de la Délégation à la langue française de la Conférence intercantonale de l’instruction publique des cantons romands et du Tessin (www.slff.ch).

Chaque pays organise sa semaine à sa façon, en proposant comme fil rouge 10 mots avec lesquels les locuteurs francophones en tout genre sont invités à faire joujou. Cette année, les Belges et les Suisses font mots communs avec crescendo, mobile, variante, remue-méninges, fuser, héliotrope, marche, hop et tourbilloner. Une seule différence : le pendulaire suisse devient un navetteur belge, régionalismes obligent. Cette mouture 2010 est inspirée par le thème du mouvement. Une manière de dire que la langue bouge et nous fait bouger, au sens propre comme au sens figuré.

Une autre préoccupation se fait jour dans la liste franco-québécoise, qui reprend les quatre premiers mots belgo-suisses, mais abandonne le mouvement pour proposer plutôt mentor, baladeur, cheval de Troie, escagasser, zapper et galère. Les communicants créatifs lancent une galère contre ce cheval de Troie qu’est l’anglais en diffusant mentor (destiné à remplacer coach) et baladeur (terme officiellement recommandé d’abord pour walkman et maintenant pour Ipod)… Tout en montrant diplomatiquement que les anglicismes ne sont pas exclus par principe puisque le verbe « zapper » (anglais to zap) est en bonne place sur la liste ! Quant à escagasser, c’est un emprunt à la langue provençale qui proclame l’ouverture du français aux langues régionales. Une politique linguistique en 6 mots en quelque sorte. Fallait le faire.

 

(Chronique parue dans le Matin Dimanche, 21 mars 2010)

 

www.slff.ch

Commentaires

Nuance pour navetteur: les CFF utilisent régulièrement mot "navetteur" pour désigner les "pendulaires" parce que le terme de pendulaire induit une confusion avec les "rames pendulaires" - ces trains de type ICN qui "pendulent" dans les virages.

A noter que le français de France n'a pas véritablement de terme (si l'on excepte le très anglais "commute(u)r") pour désigner les personnes qui font chaque jour le voyage d'une ville à l'autre pour leur travail - à ma connaissance du moins. Savez-vous quelque chose de plus?

Ecrit par : Daniel Fattore | 22.03.2010

Le nom pendulaire n'est pas usité en France. On parlera de trafic pendulaire, mais pas des pendulaires qui font le trajet Chambé-Grenoble!
En revanche, il y a plein d'attestations en Suisse romande (M. Leuenberger veut surtaxer les pendulaires; Les pigeons enquiquinent les pendulaires...).
Le fait que le nom ait deux référents distincts en fait un homonyme, mais bon, c'est pas la première fois que cela arrive en français!

Ecrit par : Marinette Matthey | 22.03.2010

Ce n'est pas la première fois, certes; mais les homonymnes ne sont guère goûtés par les terminologues, dont une partie du travail consiste à nommer les choses de manière à éviter des confusions.

Un "train pendulaire" (Pendelzug, oh le beau calque!) serait-il donc un train à caisses inclinables (genre ICN, que vous connaissez sûrement, ou Pendolino - le joliment nommé) ou un train qui "pendule" d'un lieu à un autre, donc une sorte de train de banlieue qui fait la navette?

On pourrait régler le problème en parlant de "trains à caisses inclinables", ce qui est plus correct du point de vue du français, et peut-être mieux compris hors des frontières helvétiques... mais c'est aussi plus long.

Ecrit par : Daniel Fattore | 29.03.2010

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